« La route vers l’enfer est pavée de bonnes intentions. » Voilà ce que je me suis dit en lisant cet article du Soir d’aujourd’hui. Impulse Brussels met à disposition un outil pour réaliser gratuitement votre business plan. Outre le fait que cela ne soit pas neuf, puisque 1819 et l’Agence bruxelloise de l’entreprise le faisaient déjà depuis longtemps avant de s’appeler Impulse (et on peut alors se demander si le journaliste ayant rédigé l’article a un peu creusé l’histoire avant de la publier…), l’existence d’un tel outil m’inspire quelques réflexions que je partage avec vous.

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Les études montrent que les business plans sont très rarement suivis pas les entrepreneurs. Au plus, un business plan sur 6 décrit de façon plus ou moins correcte le chemin qu’empruntera l’entrepreneur. Pour un tas de bonnes raisons sans doute : l’environnement change rapidement, l’entrepreneur n’a pas étudié toutes les possibilités, les clients répondent autrement qu’attendu, etc. Toujours est-il que le business plan se résume finalement à un catalogue de bonnes intentions. Cela étant, notre culture de l’entreprise, et la culture bancaire en particulier, fait que le business plan reste considéré comme un passage obligé, une sorte de rituel d’initiation qui participe à la légitimité du projet entrepreneurial. Il faut avoir fait un business plan pour être considéré comme potentiellement crédible.

Au fond, quelle est l’utilité d’un business plan ? Le business plan rassure. Il montre (ça vaut ce que ça vaut) que l’entrepreneur a réfléchi à l’entreprise qu’il souhaite créer/reprendre. Il démontre surtout la motivation de l’entrepreneur à porter son projet.

Si tel est le rôle réel du business plan, mettre à disposition un outil qui développe des business plans standardisés est une initiative sans doute louable, mais aussi vraisemblablement contre-productive. En effet, on peut comprendre qu’un tel outil facilitera la vie de certains entrepreneurs et réduira le temps passé sur un plan qui finalement ne sera pas suivi. Il pourra peut-être ouvrir les yeux de certains acteurs de l’écosystème entrepreneurial sur la faible utilité des business plans. Mais selon moi, il risque surtout de renforcer une demande pour des business plans qui sortent de l’ordinaire pour attirer l’attention des banquiers. En effet, il faudra que l’entrepreneur montre qu’il s’est impliqué dans son business plan (preuve d’implication qui se voit déforcée par la standardisation du business plan)… ou qu’il y a mis des moyens en ayant recours à une agence de communication pour se distinguer. Et donc de rendre la production du business plan qui fera mouche encore plus chère pour un entrepreneur qui consacrerait volontiers ses moyens réellement au développement de son projet.

 

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